De l’apprentissage de l’hypnose à son application
au cabinet dentaire
# 3/3

 

Dr Zeidan Jihad, Chirurgien Dentiste
www.adrenline112.org
Mis en ligne en octobre 2006

 

L’hypnose formelle

La mise en place de l’hypnose formelle, nécessite un peu plus de temps au départ, car il faut dissiper les croyances concernant l’hypnose, définir un cadre avec le patient ainsi qu’un contrat, le but étant que le patient se sente libre, qu’il peut "maîtriser" la séance et qu’il est capable de décider ce qui est bon pour lui.

Je propose l’hypnose aux patients très anxieux, mais cela reste le choix du patient et non une obligation, car même des patients très anxieux refusent l’hypnose ou la simple relaxation.
Deux cas de figures se présentent, dans le cadre de mon activité :
- Le patient adulte ou enfant particulièrement anxieux, tant au niveau des soins que dans sa peur de perte du contrôle et qui refuse de se faire soigner, dans ces cas je consacre une séance d’hypnose avec induction d’une transe hypnotique et exploration d’un lieu agréable ou surtout quand c’est possible d’un lieu de sécurité sans réaliser des soins dentaires, cela permet au patient de faire l’expérience de l’hypnose de se rassurer, mais pour le moment cela reste exceptionnel.
- Le patient ou enfant anxieux, qui a peur des soins mais qui en temps normal accepte de se laisser soigner, dans ces cas les soins commencent après une induction hypnotique.

Souvent les patients pensent que hypnose signifie soins sans anesthésie, et ils ont peur de ne pas être compétent pour gérer la douleur des soins sous hypnose, pour cette raison je continue à utiliser les anesthésiques locaux mais en très faible quantité, car il y a une potentialisation importante de l’effet de l’anesthésie.

J’ai soigné une jeune patiente de 18ans, qui avait eu un malaise chez son praticien après qu’il ait réalisé l’anesthésie, elle refusait de se faire soigner et elle associait anesthésie et perte de conscience, après avoir utilisé des métaphores, et des histoires personnelles sur la mémorisation des sentiments de peur et de douleur, la première séance m’a permis sous hypnose de faire une anesthésie et de soigner une dent sans incident et tout à fait confortablement. La séance suivante je lui explique que sous hypnose si elle le veut elle peut faire l’expérience de promener l’effet de l’anesthésie que je dois pratiquer sur une dent du fond, vers une dent vers l’avant que je dois soigner pendant la même séance, je l’ai rassuré sur le fait que dans tous les cas je ferais une anesthésie sur cette dent de devant. Après l’induction hypnotique je réalise les soins comme convenu. A la fin de la séance elle était toute fière de me dire qu’elle a tout à fait réussi à promener son anesthésie et qu’elle ne s’est pas rendue compte que j’anesthésiais la dent de devant (première prémolaire). J’avais réalisé une anesthésie intra ligamentaire sur la deuxième molaire très faible quantité, ce type d’anesthésie reste presque toujours localisé uniquement au niveau de la dent à soigner.

L’hypnose formelle m’a appris à faire confiance aux potentiels du patient, à accepter qu’il garde les yeux ouverts, pendant l’hypnose, à me parler sans que cela nuise à la qualité de l’hypnose bien au contraire, permettre au patient de maîtriser, de mener à bien son hypnose.
J’ai également appris à être imaginatif avec les enfants, à gérer des séances de soins longues sous hypnose, car notre métier a une particularité c’est de devoir accompagner les patients en hypnose tout en effectuant un geste technique dans un environnement particulièrement sonore, j’ai donc appris l’économie de parole en faisant confiance aux compétences du patient.


# 1/3
Introduction
# 2/3
L'hypnose conversationnelle
# 3/3
L'hypnose formelle



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