Arboviroses à Flavivirus

 


Dr Ph. Rault - www.adrenaline112.org
Mis en ligne en janvier 2005



Définitions
Arboviroses : affections surtout tropicales transmises par des arthropodes hématophages.
Arbovirus : virus habituellement transmis, dans les conditions naturelles, de vertébré à vertébré, par un arthropode hématophage, qui en constitue le vecteur biologique.
Flavivirus : 68 virus, dont le virus de la fièvre jaune, des dengues, de l’encéphalite japonaise, le virus West Nile, les virus des encéphalites à tiques d’Eurasie tempérée, les virus de la maladie de la forêt de Kyasianur et de la fièvre hémorragique d’Omsk.


Physiopathologie
A la suite de l’injection de salive lors de la piqûre d’un arthropode infestant, le virus va se répliquer à proximité du point d’inoculation, puis dans les ganglions lymphatiques : phase de virémie. Le virus va se disséminer dans l’organisme jusqu’aux organes cibles.


Tableaux cliniques des arboviroses humaines
Trois grands syndromes sont observés
1 - Syndromes aigus fébriles (dengue-like) :
- alphavirus : Chikungunya, O’Nyong Nyong, Ross River , Sundbis, Mayaro
- flavivirus : dengues, West Nile
- bunyavirus : Bwamba, Bunyamwera, Tataguine
- phlébovirus : Vallée du Rift
2 - Syndromes encéphalitiques :
- alphavirus : encéphalites équines américaines,
- flavivirus : encéphalite japonaise , West Nile, encéphalites à tiques d’Eurasie tempérée
3 - Syndromes hémorragiques :
- flavivirus : Dengues, Fièvre Jaune, forêt de Kyasanur, Omsk,
- phlébovirus : Vallée du Rift,
- nairovirus : Crimée, Congo.


Fièvre jaune
Menace constante en Afrique Noire et en Amérique intertropicale. Elle ne sévit pas en Asie, en Océanie, dans l’Océan Indien. Elle est due au virus amaril.
Le réservoir de virus (RdV) est constitué à la fois par les singes en phase de virémie et par les moustiques vecteurs, ces derniers conservant toute leur vie le virus dans leur organisme.
L’OMS a délimité des zones d’endémicité amarile en Afrique Noire et en Amérique tropicale (plus Trinidad).
1 - Clinique
Hépatonéphrite hémorragique : le typhus amaril
- phase de début ou phase rouge,
- rémission au 3e jour,
- phase d’état ou phase jaune avec ictère, vomissements (vomito negro), hémorragies principalement digestives, insuffisance rénale.
L’évolution est défavorable dans un nombre de cas très variable suivant les épidémies.
Tout sujet non vacciné, résidant en zone d’endémie amarile, ou ayant quitté une zone d’endémie depuis moins de 6 jours, et présentant des signes cliniques évoquant une fièvre jaune (fièvre brutalement élevée, céphalée, douleurs généralisées, faciès vultueux, vomissements, et, à fortiori, ictère, hémorragies, oligurie) doit être systématiquement considéré comme suspect et par conséquent isolé et placé sous moustiquaire en attendant que le diagnostic soit confirmé ou infirmé.
2 - Examens complémentaires
Le diagnostic biologique fait appel
- à l’isolement du virus,
- au sérodiagnostic (détection d’IgM surtout),
- à l’anatomo-pathologie qui, au niveau du foie d’un grand intérêt en santé publique.
3 - Traitement
Il n’y a pas de traitement spécifique.
La prophylaxie repose sur trois types de mesures associées :
- isolement sous moustiquaire : malades, suspects,
- contrôle des moustiques vecteurs potentiels, en fait limité à Aedes aegypti,
- vaccination systématique des populations exposées, à l’aide du vaccin 17 D. Vaccin à virus vivant, il est déconseillé chez la femme enceinte.


Dengues
La dengue, dite "grippe tropicale", a été décrite dès 1779 est répandue dans toutes les zones tropicales et subtropicales du monde. L’homme est le  principal RdV naturel et le disséminateur de virus. Quatre sérotypes viraux dénommés "Dengue 1, 2, 3, 4", n’entraînant pas une protection croisée.
Les virus responsables de cette maladie sont transmis à l'homme par le moustique Aedes, Aedes aegypti est le vecteur majeur.

Soixante à 100 millions de personnes sont infectées chaque année dans le monde
La forme grave de la maladie, la dengue hémorragique (DH), en recrudescence dans plusieurs régions intertropicales, est responsable de plus de 20 000 morts annuelles, particulièrement chez les enfants de moins de 15 ans.
Sud-est asiatique : zone endémique  où les quatre sérotypes circulent en permanence
Océanie, Océan Indien (toutes les îles de l’océan indien, sauf Madagascar), côte orientale d’Afrique, Amérique tropicale et Caraïbes : zones épidémiques où un type donné de virus se dissémine de proche en proche, grâce aux déplacements des populations.

1 - Clinique
11 - Dans un certain nombre de cas l’infection peut rester muette et passer inaperçue.
12 - La dengue "classique" se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d'incubation
- forte fièvre
- céphalées
- nausées, vomissements
- douleurs articulaires et musculaires
- éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole.
Au bout de 3 à 4 jours, une brève rémission est observée, puis les symptômes s'intensifient : hémorragies conjonctivales, épistaxis, ecchymoses.
Régression rapide au bout d'une semaine.
Sous cette forme, la dengue, bien que fort invalidante, n'est pas dangereuse.
13 - La dengue hémorragique, qui représente environ 1% des cas de dengue dans le monde, est par contre extrêmement sévère :
- fièvre
- hémorragies multiples, notamment gastro-intestinales, cutanées et cérébrales
La guérison peut être rapide, totale et sans séquelles.
Mais, chez les enfants de moins de quinze ans notamment, un état de choc hypovolémique peut s'installer avec défaillance circulatoire.
2 - Le diagnostic est biologique
Recherche d’IgM spécifiques, isolement du virus
Le sérodiagnostic classique est sans valeur dans les régions tropicales où la dengue est endémique et où circulent bien d’autres Flavivirus.
3 - Le traitement est symptomatique.
Le traitement des DH nécessite une unité de soins intensifs.
Il n’y a pas de vaccin disponible. Il faut organiser une surveillance constante des populations et des vecteurs et faire un contrôle des Aedes domestiques : insecticides, suppression des gîtes, modes de stockage des eaux.


Encéphalite japonaise
Continent Asiatique : de l’Inde aux Philippines, du nord de la Chine à l’Indonésie et à la Nouvelle-Guinée.
RdV : oiseaux sauvages ou domestiques (canards),  porcs domestiques ; vecteurs : Culex.
1 - Clinique
Des formes asymptomatiques aux encéphalites avec coma et décès ou séquelles parfois très graves (enfants). Environ 50 000 cas/ an  avec 25 à 30% de décès.
2 - Traitement
Vaccins à usage humain : populations autochtones vivant en zones rurales, voyageurs ou expatriés effectuant des séjours prolongés en zones rurales hautement endémiques.


What You Can Do to Help Fight Mosquitoes
• Empty standing water in old tires, cemetery urns, buckets, plastic covers, toys, or any other container where "wrigglers" and "tumblers" live.
• Empty and change the water in bird baths, fountains, wading pools, rain barrels, and potted plant trays at least once a week if not more often.
• Drain or fill temporary pools with dirt.
• Keep swimming pools treated and circulating and rain gutters unclogged.
• Use mosquito repellents when necessary and follow label directions and precautions closely.
• Use head nets, long sleeves and long pants if you venture into areas with high mosquito populations, such as salt marshes.
• If there is a mosquito-borne disease warning in effect, stay inside during the evening when mosquitoes are most active.
• Make sure window and door screens are "bug tight."
• Replace your outdoor lights with yellow "bug" lights.
• Contact your local mosquito control district or health department. 


Liens web
Institut Pasteur
Médecine tropicale, les arboviroses
Fichier pdf de l'institut Pasteur de Lille