Le charbon, anthrax
Dr Ph. Rault - Adrén@line
Mis en ligne en octobre 2001
Bacillus anthracis (Bactéridie charbonneuse ou bacille de Davaine).
Bacille Gram +, capsulé, sporulé.
La capsule est responsable de la virulence du germe.
La spore est ovoïde.
Les bacilles ne sporulent pas dans l'organisme.
Le germe est fragile mais sa spore est résistante à la chaleur (thermorésistance de 10 min à 95°C) au vieillissement (survie de nombreuses années dans le sol). Les spores survivent des dizaines d'années dans les sols riches en calcium et en nitrate, dont le pH est neutre ou faiblement alcalin. Les pâturages secs et contaminés restent infectieux pendant très longtemps. Les spores sont résistants aux rayons lumineux, aux fortes températures et aux désinfectants chimiques.
Le charbon est avant tout une maladie vétérinaire, susceptible d'être transmise à l'homme.Le charbon animal
Il atteint essentiellement les herbivores domestiques (moutons, chèvres, bovidés). Ils se contaminent en mangeant de l'herbe, du fourrage ou de la farine de viande souillés par des spores charbonneuses. Celles-ci, à la faveur d'une lésion buccale, pénètrent dans le sang et y germent. Elles déclenchent une septicémie très rapidement mortelle.L'infection humaine
Chez l'homme, le charbon est le plus souvent une maladie professionnelle (les éleveurs, les vétérinaires, les ouvriers d'abattoir, les équarrisseurs, les bouchers, les tanneurs, les ouvriers travaillant les os), sévissant aussi bien en zone rurale qu'en zone urbaine et résultant, le plus souvent, de la manipulation d'animaux morts de charbon ou de leurs produits.
La consommation de viandes mal cuites, provenant d'animaux morts de charbon, est également à l'origine de cas humains.
Le charbon humain se présente sous trois formes reflétant la voie de contamination : une forme cutanée, le charbon d'inhalation et le charbon d'ingestion. Chacune de ces trois formes est susceptible de se compliquer de méningite ou de septicémie:- la forme cutanée est la plus fréquente et représente 90 à 95 p. cent des cas de charbon chez l'homme. Elle résulte de la contamination d'une plaie ou d'une simple abrasion cutanée par des spores. Elle se traduit après 3 à 5 jours d'incubation par l'apparition d'une papule rouge puis d'une vésicule prurigineuse avec un oedème envahissant les tissus voisins puis laissant place à une escarre noirâtre (à l'origine du nom de la maladie) qui progresse de façon centrifuge. Dans 90 p. cent des cas, la guérison est spontanée. Dans les formes sévères, on note une adénite régionale et parfois une septicémie fréquemment mortelle en l'absence de traitement.
- le charbon d'inhalation ou charbon pulmonaire résulte de l'inhalation de spores.
La clinique associe des signes généraux et respiratoires, elle se complique de médiastinite hémorragique et d'hémoptysie et, en l'absence de traitement, son évolution est mortelle dans plus de 95 p. cent des cas.- le charbon d'ingestion ou charbon gastro-intestinal, rare dans les pays développés, se traduit par des troubles généraux (fièvre, état de choc) et digestifs (douleurs abdominales, vomissements, diarrhée sanglante) qui apparaissent après une incubation de 2 à 7 jours. Comme pour le charbon pulmonaire, le taux de mortalité est élevé.
Traitement
Habituellement, Bacillus anthracis est très sensible à la pénicilline G et la pénicillinothérapie est le traitement de choix aussi bien chez l'homme que chez l'animal. Toutefois, on connaît quelques souches résistantes. L'existence de telles souches doit conduire à effectuer un antibiogramme.
D'autres antibiotiques sont également actifs : gentamicine, érythromycine, chloramphénicol, ciprofloxacine,
doxycycline. La tétracycline, active in vitro, se révèle peu efficace in vivo.
La prévention est réalisée par la vaccination des troupeaux. Le vaccin anticharbonneux est un vaccin vivant, il correspond à une souche sporulée de virulence atténuée.Conduite à tenir devant une enveloppe suspecte
Liens web
http://www.bacterio.cict.fr/bacdico/bb/anthracis.html
http://www.chez.com/guatemalt/CHARBON.html
Sur le site de la SFAR, une page de liens sur les risques biologiques et toxiques