Drogues hallucinogènes

Drogues de synthèse

 

Dr. Ph. Rault - Adrénaline112.org
Mis en ligne en mars 1999
Mis à jour en mai 1999, juillet 1999, mars 2000

 

L'intoxication peut être de diagnostic difficile en raison de la poly-toxicomanie.
Les drogues de synthèse sont élaborées à partir de produits comme les morphiniques (fentanyl, péthidine),la cocaïne, les amphétamines.


Ecstasy, amphétamines
Effet psychostimulant agissant
- soit comme halucinogène
- soit en déclenchant des effets comparables à ceux de la cocaïne.
Propriétés physico-chimiques
L'ecstasy est un dérivé amphétaminique du groupe des méthylène-dioxy-métamphétamine ou MDMA.
Le MDMA appartient à la classe des entactogènes (tactus: rythme, en: intérieur, gene: produire). Le MDMA a été élaboré en 1914.
L'effet s'installle en 15 à 60 minutes et dure de 4 à 8 heures (MDMA).

Mécanisme de toxicité:
Les molécules se fixent sur des récepteurs spécifiques à la sérotonine et agissent comme des agonistes indirects au niveau des récepteurs alpha2 présynaptiques (syndrome sérotoninergique). On observe une diminution d'efficacité lors des prises répétées.
Action sympathomimétique indirecte.
La dose léthale est de 200 mg pour la MDMA.
Il existe peu de MDMA pure, elle est en général coupée (caféine, strychnine, LSD, kétamine, chloroquine).
Il existe de nombreux dérivés des amphétamines et de nombreuses molécules commercialisées (Isoméride®, Pondéral®, Anorex®, Moderatan®, Ordinator®).

Symptomatologie:
Très proche de celle de l'intoxication à la cocaïne (principal diagnostic différentiel).
- tachycardie, HTA, troubles du rythme,
- hyperthermie supérieure à 40,
- anxiété, agressivité, agitation,
- diminution des capacités auditives et visuelles, diminution de la sensiblité à la douleur, convulsions, coma
- nystagmus, mydriase réactive,
- hyperventilation, vomissements,
- hypertonie musculaire, rhabdomyolyse.
Les principales complications :
- cardiaques : à type de troubles du rythmes ventriculaires paroxystiques,
- métaboliques : hyperthermie (agravée par la danse pendant plusieurs heures) et déshydratation.
De plus du fait de la diminution des sensations (soif, douleur), le consommateur pourra danser jusqu'à épuisement.
Un arrêt cardiaque et un syndrome de détresse respiratoire aigu (OAP, SDRA) ont été décrits.

Traitement:
Voie veineuse périphérique pour réhydratation.
Hypnovel®, Valium® (10 mg en IVL à répéter si besoin) pour leur action sédative.
Rivotril® en cas de convulsions.
Dantrolène®en cas d'hyperthermie rebelle, penser au refroidissement externe.
Avlocardyl® (contre-indiqués pour certains auteurs) ou Vérapamil® en cas d'arythmie supraventriculaire,
Adalate ®, Loxen® si HTA
Xylocaïne® en cas d'arythmie ventriculaire.
Il existe des antagonistes de la sérotonine: méthysergide, cyproheptadine.
Début


Gamma Hydroxybutyrate (GHB)
Propriétés physico-chimiques
Puissant dépresseur du système nerveux central, le GHB est un constituant endogène du cerveau des mammifères où il est synthétisé à partir de l'acide gaba-amino-butyrique (GABA).
Le GHB augmente le taux de dopamine dans le cerveau et agit sur les endorphines.
Synthétisé pour la première fois en 1961 par H. Laborit.
Il a été employé comme anesthésique général, dans le traitement de l'insomnie et de la narcolepsie, dans le traitement de l'alcoolisme ou du syndrome de sevrage alcoolique.
Connu sous le nom de "Liquid Ecstasy", "Liquid X" ou "Liquid E" à cause de son effet "sociabilisant" rappellant l'effet empathique de l'Ecstasy et parce qu'il est présenté sous forme liquide.

Symptomatologie:
Dépression respiratoire proportionnelle à la dose, effet potentialisé par l'alcool.
À 10 mg/kg, amnésie et de l'hypotonie.
Entre 20 et 30 mg/kg, somnolence, étourdissements et euphorie
Entre 50 et 70 mg/kg, coma, bradycardie, bradypnée, respirations de Cheyne-Stokes, nausées et vomissements.
Les autres effets fréquemment rapportés sont
- céphalées
- confusion,agitation, hallucinations
- ataxie
- tremblements, convulsions
- Hypertension ou d'hypotension orthostatique

Le GHB comme toutes les drogues obtenues sur le marché noir peut contenir de nombreux contaminants.
Début


Cocaïne, Crack
Propriétés physisques et chimiques:
Poudre cristalline inodore, incolore au goût amer. Utilisée comme exitant.
La cocaïne est absorbée par voie nasale, peut aussi être mélangée à une boisson, fumée ou injectée. Elle est en général coupée (caféine, strychnine, amphétamine, lidocaïne ou héroïne).
C'est un anesthésique local et un puissant vasoconstricteur (effet alpha-adrénergique).
Son usage en France est marginal mais en constante augmentation.
Le crack est une forme cristallisée de cocaïne qui pourrait entrainer une dépendance dès la première prise.

Mécanisme de toxicité:
On observe un ralentisement de la propagation de l'influx nerveux (effet anesthésique local), un blocage de la recapture présynaptique des catécholamines responsable d'une
élévation du tonus sympathique et une diminution de la conduction au niveau du SNC (troubles neuropsychiques et convulsions).
La cocaïne interfère avec la recapture neuronale de la noradrénaline et de la dopamine, ainsi qu'avec le métabolisme de la sérotonine.

L'intoxication:
Peut être le fait d'une volonté suicidaire, de la pureté (inhabituelle) du produit ou après libération intracorporelle (passage clandestin).
Le signes cliniques de l'intoxication sont très proche de ceux observés avec les amphétamines
- céphalées, nausées, mydriase, convulsions, coma,
- augmentation de la température centrale jusqu'à 42 degrés, rhabdomyolyse,
- tachycardie, HTA, troubles du rythme ventriculaire (TV, FV, torsades de pointe). On peut observer un angor voire un infarctus (augmentation des besoins en O2 et vasoconstriction) myocardique mais aussi intestinal, rénal, pulmonaire. On a décrit des AVC.
- tachypnée, bronchospasme, OAP lésionnel, pneumothorax et pneumomédiastin (sniffage puis valsalva).
Penser au diagnostic en cas d'AVC ou d'IdM chez le sujet jeune
Contre-indication du propranolol (augmente le risque de spasme coranaire).

Traitement:
Il n'existe pas de consensus sur les modalités de prise ne charge thérapeutique.
Oxygènothérapie voire intubation trachéale
Benzodiazépines en cas de convulsions,
Bétabloquants, Tildiem® injectable si tachycardie,
Xylocaïne®
Loxen®, si la TA ne baisse pas ce peut être dû à la stimulation des récepteurs alpha, on peut utiliser un alpha- type Régitine® (phentolamine).
L'intérêt de la thrombolyse dans l'IdM n'est pas établie.
L'hypotension dans les phases dépressives de l'intoxication peut bénéficier d'un remplissage et d'un vasopresseur inotrope (dopamine).
Début

 

Morphine et dérivés
1-Les substances naturelles
Opium, morphine, codéine
2-Les substances synthétiques
Héroïne, hydromorphone, hydrocordone, méthadone, fentanyl, nalbuphine, propoxyphène, pentazocine

Le surdosage
- dépression du SNC,
- dépression respiratoire,
- myosis.
L'utilisation de la naloxone (IM, IV, SC, SL, endotrachéale) peut être utile en cas de doute diagnostic. Il faut savoir que sa durée d'action est plus courte que celle des toxiques.

Le sevrage à l'héroïne
Survient environ 12 heures après la dernière prise et disparaissent habituellement après 48 à 72 heures.
La symptomatologie associe
- vomissements, diarrhée
- agitation, pleurs, insomnie, mydriase
- fièvre, transpiration.
Un traitement possible est l'administration de méthadone (200 mg PO ouIM) à administrer en fonction de la symptomatologie.
Début


LSD (lysergic acid diethylamine)
Agitation, confusion, désorientation.
Mydriase, tachycardie, tachypnée
Conduite à tenir
Placer dans un environnement calme, benzodiazépines si agitation, dropéridol si besoin.
Début

Psylocibine
Drogue extraite de certains champignons.
Hallucinations visuelles, mydriase, tachycardie, anxiété, nausées, vomissments, diarrhée.
Conduite à tenir
Benzodiazépines, anti-émétiques, placer dans un environnement calme
Début

Mescaline
Drogue extraite de certains cactus d'Amérique du Nord.
Agitation, anxiété, crampes abdominales, vomissements, hallucinations visuelles
A haute dose on observe une chute de tension artérielle, une dépression respiratoire.
Conduite à tenir
Placer dans un environnement calme, benzodiazépines, intubation trachéale si dépression respiratoire, remplissage si troubles tensionnels.
Début

Bibliographie
http://www.emedicine.com/emerg/topic223.htm
Lefebvre L., Centre de toxicologie du Québec, Bulletin d'information toxicologique, vol. 13, no 4 Octobre1997