Intoxication par les phytoplanctons



Dr A Baert
- Adrénaline112.org
Mis en ligne en juillet 2000

 

Les risques sanitaires dus à la consommation de coquillages se rapportent le plus souvent à des pathologies bactériennes (salmonelle, colibacille, staphylocoque) ou virales (hépatite).
Cependant ne place croissante est actuellement prise par les toxines secrétés par le phytoplancton et on décrit en France deux types d'empoisonnement
- le Diarrhetic Shellfish Poisoning ou DSP,
- le Paralytic Shellfish Poisoning ou PSP.

Physiopathologie
DSP et PSP sont liés à la consommation de
- mollusques bivalves: moules, huitres, coquille St Jacques,
- mollusques fouisseurs: coques, palourdes, praires,
- mollusques gastéropodes: buccin, bulot.
Ces mollusques sont contaminés par des espèces phytoplanctoniques dont l'efflorescence survient naturellement au printemps mais aussi en été et en automne. Les phytoplanctons pathogènes sont des dinoflagellés qui se répartissent en:
- dinophysis produisant une toxine diarrhéique,
- alexandrium qui émet une toxine paralysante.

Diarrhetic Shellfish Poisoning
Les signes cliniques d'intoxication surviennent entre 4 et 12 heures après l'ingestion: nausées, vomissements, diarrhée (92 à 100% des cas), douleurs intestinales, frissons (10% des cas).
Ces signes peuvent persister 3 à 4 jours en l'absence de traitement.
Le traitement est symptomatique.
A noter que la cuisson n'altère pas la toxine.

Paralytic Shellfish Poisoning
Dix-huit toxines sont responsables sont responsables des intoxications dont la saxitoxine est la première molécule identifiée. La toxine se fixe sur la face externe de la membrane cellulaire sur un récepteur proche de l'entrée du canal sodium, provoquant un blocage de celui-ci.
Les manifestations cliniques débutent en général 30 minutes après l'ingestion:
- stade bénin: fourmillements et engourdissement des lèvres s'étendant au visage et au cou, paresthésies des extrémités, céphalées, vertiges, nausées.
- stade sévère: extension des paresthésies aux bras et aux jambes puis rigidité et incoordination, incohérence de la parole, faiblesse musculaire, asthénie intense, tachycardie.
- stade extrème: paralysies musculaires, détresse respiratoire.
Le traitement reste symptomatique car il n'y a pas de traitement spécifique.

Surveillance phytoplanctonique
Le réseau de surveillance est dénommé REPHY et est assuré par l'IFREMER dont la mission est triple:
- environnementale par collecte systématique des données concernant l'évolution des populations planctoniques
- protection des cheptels par détection et suivi des espèces néfastes pour les animaux marins
- protection de la santé publique par détection et suivi des espèces toxiques pour l'homme.
Lorsque des anomalies sont détectées, la mise en alerte des services concernés est effectuée (affaires maritimes, services vétérinaires, services sanitaires professionnels) et des mesures d'interdiction de consommation et de commercialisation peuvent être rapidement prises.

 

Bibliographie
Breurec JY, Le phytoplancton toxique, J. Pharm. Clin. 1996; 15: 268-272
Baert A., Les phytoplanctons toxiques sur les côtes Bretonnes, Bulletin d'information du médicament, Rennes, juin 2000
Connectez-vous sur la page REPHY info toxines pour connaître les sites sur lesquels la pêche des coquillages est interdite.