ŒIL DOULOUREUX

Dr Ph Rault - Adrénaline112.org
Texte réalisé d'après l'article du
Pr Philippe Gain et du Dr Gilles Thuret
Mis en ligne le 28/04/03

Oeil douloureux et rouge
1 - Post-traumatique

* Erosion de l’épithélium cornéen
Consécutive à un traumatisme minime (coup d’ongle, de végétal, de page de livre). La douleur est très vive, avec une sensation de corps étranger, associée à une photophobie et un larmoiement clair intense.
L’érosion guérit en 48 heures avec un pansement occlusif et un collyre antiseptique et cicatrisant.
* Corps étranger superficiel
- fiché en pleine cornée
- plantée sous la paupière supérieure qu’il faut savoir retourner
- dans le cul de sac conjonctival inférieur : tirer la paupière vers le bas.
Dans tous les cas : collyre antiseptique durant 5 jours.
* Contusion oculaire
Nécessite en général un examen complet au cours d’une hospitalisation.
* Traumatisme
Le traumatisme peut être avec ou sans corps étranger.
Il peut exister ainsi une plaie de cornée avec hernie de l’iris ou encore une plaie sclérale avec éventuelle issue de vitré mais sans douleur oculaire majeure.
* Brûlures oculaires :
- brûlures ultraviolettes lors du coup d’arc ou de l’ophtalmie des neiges qui guérissent rapidement et sans séquelles.
- brûlures thermiques sont plus rares à cause du réflexe de clignement.
- brûlures chimiques par projection de produits basiques.
Elles nécessitent un lavage immédiat à l’eau du robinet, sur le lieu de travail des deux yeux et du visage avant le transfert dans un service spécialisé. Un nouveau lavage abondant, facilité par un écarteur et l’instillation d’un collyre anesthésique doit être refait par le médecin généraliste avant le transfert.

2 - Non traumatique
21 - Avec baisse d’acuité visuelle :

Tout oeil douloureux, rouge, avec baisse d’acuité visuelle est un glaucome aigu jusqu’ à preuve du contraire.

211 - Glaucome aigu par fermeture de l’angle
Principale urgence médicale ophtalmologique.
Crise de survenue brutale et unilatérale associant des douleurs oculaires ou orbitaires très intenses avec rougeur oculaire à prédominance périkératique et baisse d’acuité visuelle. Pupille en semi-mydriase aréactive.
La palpation bi-digitale de l’oeil aux travers la paupière fermée retrouve une sensation d’oeil dur.
diagnostics différentiels : crises subaiguës spontanément résolutives qui peuvent faire évoquer une céphalée banale, ou encore crise bilatérale parfois au cours d’un réveil anesthésique.
Ce type de glaucome contre-indique formellement la dilatation.
Ainsi l’usage de tout médicament ayant des effets parasympatholytiques (Atropine ou dérivés) ou sympathomimétiques (Adrénaline ou dérivés) est contre-indiqué.
Traitement : Glycérotone sirop ou mieux Diamox®, à la rigueur Pilocarpine® collyre.

212 - Uvéite antérieure aiguë
Encore appelée iridocyclite ou iritis, peut survenir à tout âge, parfois chez l’enfant. Elle associe des douleurs oculaires généralement modérées avec rougeur à prédominance périkératique et baisse d’acuité visuelle.
Les étiologies :
- cause locale oculaire: herpès cornéen
- foyers infectieux régionaux (ORL ou dentaires).
- maladies infectieuses : quasiment toutes
- maladies inflammatoires générales : rhumatisme infantile (y penser face à une uvéite à l’âge de 10 ans !), surtout la spondylarthrite ankylosante chez le sujet adulte HLA B 27, sarcoïdose, maladie de Behcet ....
L’uvéite antérieure nécessite, outre un traitement de la cause si on en trouve une (environ 2 fois sur 3) un traitement symptomatique par collyre corticoïde et collyre à l’atropine

213 - Kératites
Oeil rouge avec cercle périkératique, douleurs, photophobie, larmoiement, associé à une baisse d’acuité visuelle variable.
Les étiologies :
- traumatiques notamment sur lentilles de contact.
- ultraviolette : l'ophtalmie des neiges, le coup d’arc.
- infectieuses, rarement bactériennes mais le plus souvent virales.
- kératite sèche : prise de médicaments psychotropes. L’instillation de larmes artificielles ou de gels plus visqueux apporte une amélioration mais souvent incomplète.

2 - Sans baisse d’acuité visuelle
Le seul diagnostic à évoquer est l’ épisclérite.

Oeil douloureux et blanc
Les douleurs sont en général modérées, représentées par une sensation d’inconfort, de fatigue visuelle surtout le soir ou à la lecture, ou de céphalée frontale ou sus orbitaire.1 )
* Anomalie de la réfraction
En particulier hypermétropie ou astigmatisme non ou sous-corrigés. Les douleurs seront majorées lors des efforts visuels (lecture, travail sur écran).
* Anomalie de la vision binoculaire
* Affection ophtalmologique débutante.

Liens web
Faculté de médecine de St Etienne
Faculté de médecine de Grenoble