OEIL ROUGE

Dr Ph Rault - Adrénaline112.org
Texte réalisé d'après l'article du
Pr Philippe Gain et du Dr Gilles Thuret
Photographies des auteurs
Mis en ligne le 28/04/03

 

Oeil rouge douloureux avec baisse d'acuité visuelle

Tout oeil douloureux, rouge, avec baisse d’acuité visuelle est un glaucome aigu jusqu’ à preuve du contraire.

1 - Glaucome aigu par fermeture de l’angle
Principale urgence médicale ophtalmologique.
Crise de survenue brutale et unilatérale associant des douleurs oculaires ou orbitaires très intenses avec rougeur oculaire à prédominance périkératique et baisse d’acuité visuelle. Pupille en semi-mydriase aréactive.
La palpation bi-digitale de l’oeil aux travers la paupière fermée retrouve une sensation d’oeil dur.
diagnostics différentiels : crises subaiguës spontanément résolutives qui peuvent faire évoquer une céphalée banale, ou encore crise bilatérale parfois au cours d’un réveil anesthésique.
Ce type de glaucome contre-indique formellement la dilatation.
Ainsi l’usage de tout médicament ayant des effets parasympatholytiques (Atropine ou dérivés) ou sympathomimétiques (Adrénaline ou dérivés) est contre-indiqué.
Traitement : Glycérotone sirop ou mieux Diamox®, à la rigueur Pilocarpine® collyre.

2 - Uvéite antérieure aiguë
Encore appelée iridocyclite ou iritis, peut survenir à tout âge. Elle associe des douleurs oculaires généralement modérées avec rougeur à prédominance périkératique et baisse d’acuité visuelle.
Les étiologies :
- cause locale oculaire : herpès cornéen
- foyers infectieux régionaux (ORL ou dentaires).
- maladies infectieuses : quasiment toutes
- maladies inflammatoires générales : rhumatisme infantile (y penser face à une uvéite à l’âge de 10 ans !), surtout la spondylarthrite ankylosante chez le sujet adulte HLA B 27, sarcoïdose, maladie de Behcet ....
L’uvéite antérieure nécessite, outre un traitement de la cause si on en trouve une (environ 2 fois sur 3) un traitement symptomatique par collyre corticoïde et collyre à l’atropine

3 - Kératites
Oeil rouge avec cercle périkératique, douleurs, photophobie, larmoiement, associé à une baisse d’acuité visuelle variable.
Les étiologies :
- traumatiques notamment sur lentilles de contact.
- ultraviolette : l'ophtalmie des neiges, le coup d’arc.
- infectieuses, rarement bactériennes mais le plus souvent virales.
- kératite sèche : prise de médicaments psychotropes. L’instillation de larmes artificielles ou de gels plus visqueux apporte une amélioration mais souvent incomplète.


Oeil rouge sans baisse d'acuité visuelle et sans douleur oculaire
1 - Les conjonctivites
La rougeur prédomine dans les culs de sacs conjonctivaux
Les principales causes :
- virales très souvent bilatérales, association parfois à un catharre
- bactériennes : purulentes, parfois unilatérales, rechercher un obstacle sur les voies lacrymales favorisant la stagnation des larmes
- allergiques entrant parfois dans le cadre de la conjonctivite printanière.

2 - L’hémorragie sous conjonctivale
L’hémorragie peut être minime ou réaliser un tableau plus alarmant pour le patient avec un véritable hématome sous conjonctival.
Il faut éliminer en priorité une
plaie sclérale sous-jacente, une contusion oculaire, s’assurer qu’il n’existe pas de poussée hypertensive, éliminer un surdosage en traitement anticoagulant, éliminer un trouble de la crase sanguine révélateur d’une hémopathie.
Mais le plus souvent il n’y a pas d’étiologie.


Oeil rouge avec douleurs oculaires sans baisse de l'acuité visuelle
Il n’y a qu’un seul diagnostic : l’épisclérite. Il s’agit d’un nodule rouge violacé sur la sclère. Souvent bénigne, elle impose néanmoins un bilan étiologique.

Liens web
Faculté de médecine de St Etienne
Faculté de médecine de Grenoble