Plongée en apnée


Dr Ph Rault
- Adrénaline112.org
Mis en ligne en juin 2002


Généralités
Les facteurs de rupture de l'apnée

- composition gazeuse alvéolaire : au cours de l'apnée, la pression alvéolaire en gaz carbonique (PACO2) tend vers un plateau alors que la pression alvéolaire en oxygène (PAO2) diminue exponentiellement en fonction de la durée de l'apnée. Le pH et la PCO2 agissent sur les centres respiratoires bulbaires, la PO2 agit sur les chémorécepteurs carotidiens.
- influence des mécanorécepteurs articulaires, tendineux et musculaires sur les centres respiratoires.
Hyperventilation
Hyperventiler avant une apnée est dangereux
Cela diminue la PACO2 sans élever la PAO2 : ceci permet de retarder la remontée. Il existe alors un risque majeur d'hypoxie, de perte de connaissance et donc de noyade.
Bradycardie
La bradycardie est physiologique, secondaire à un réflexe vagal, liée à la mise en tension des récepteurs pulmonaires et à l'immersion par des récepteurs cutanés véhiculés par le trijumeau.

L'apnée en plongée
Aspects mécaniques

La compression thoracique, le refoulement du diaphragme liées à la pression provoquent une diminution du volume pulmonaire jusqu'à la capacité résiduelle fonctionnelle.
En cas d'impossibilité à obtenir l'équipression, le thorax peut rester en dépression : le sang aspiré vers la circulation pulmonaire peut être responsable d'un oedème aigu du poumon (OAP).
Il est donc conseillé de ne pas descendre en dessous de 15 mètres après 30 ans et 10 mètres aprsè 50 ans.
Aspects chimiques
Lors de la descente, PAO2 et PACO2 augmentent (du fait de l'augmentation de la pression ambiante), puis diminuent de nouveau lors de la remontée : cette diminution est importante pour l'O2 avec un risque majeur d'anoxie. Une anoxie extrème entraine une reprise incoercible de la ventilation et donc une noyade. Ce risque est majoré par l'hyperventilation préalable.
Il est donc conseillé de limiter le temps d'apnée à 90 secondes maximum, de remonter lentement, d'être en bonne forme physique et de plonger à 2.
Aspects biophysiques
Lors de plongées courtes mais profondes et répétées au cours d'une même journée, il peut y avoir une saturation de certains tissus en azote : il existe un risque réel d'accident de décompression en fin de journée. Ce risque est majoré en cas de vol international dans les 24 heures après la plongée.
Il est conseillé de limiter le nombre de plongées et d'éviter un vol international dans les 24 heures après une plongée.
Aspects cardiovasculaires
- bradycardie de la plongée (voir ci dessus)
- modifications de la volémie : l'augmentation de la volémie centrale est responsable d'une distension de l'oreillette responsable de la secrétion de Facteur Anti Natriurétique (FAN) et d'une diminution de la secrétion de l'Hormone Anti Diurétique (ADH). On observe alors une baisse de la volémie lors du retour en surface.

Pathologies de la plongée en apnée
Accidents mécaniques

- liés au tuba : sous dimensionné, il augmente le travail respiratoire, surdimentionné il augmente l'espace mort. La résultante est une hypercapnie : céphalée, asthénie, désorientation, noyade.
- barotraumatismes (voir article sur ce site).
Accidents biochimiques
Hypoxie, anoxie : syncope, noyade
Accidents biophysiques
Risque d'ADD (voir article sur ce site).
Syncopes
Gastralgies

Survient chez près de 30% des plongeurs, rôle du reflux gastro-oesophagien?
Noyades
Principale cause de mortalité en plongée.
Les principales causes : inhalation d'eau dans le tuba, anoxie (hyperventilation), OAP, syncope, laryngospasme, accidents cardio-vasculaires, traumatisme (coque de bateau, hélice ...)

 

Liens web
Apnée, conseils de prudence
Plongée en apnée, accidents
Accidents de décompression en apnée
Physiologie de la plongée en apnée

Références bibliographiques
Mialon Ph. (Brest - France), Physiopathologie de la plongée, DIU de médecine hyperbare et de la plongée


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