Coup de chaleur
Dr Ph Rault - Adrénaline112.org
Mis en ligne en juin 2000
Mis à jour en juin 2005
Physiologie
Le métabolisme de base produit environ 50 kcal/heure/m2. En l'absence des mécanismes de thermorégulation, la température corporelle augmenterait de 1 degréC/heure.
Les mécanismes de thermolyse :
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Type
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Mécanisme
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% de perte
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Conduction
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Transfert de chaleur par contact physique direct
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2%
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Convection
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Transfert de chaleur par un fluide : air, eau
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8%
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Evaporation
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Transformation de liquide en vapeur d'eau
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30%
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Radiation
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Transfert par ondes électromagnériques
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60%
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Lorsque la température dépasse 35 degrésC, la radiation cesse et l'évaporation devient le mécanisme principal de dissipation thermique. L'évaporation d'un millilitre de sueur s'accompagne de la perte de 0,5 kcal de température. L'évaporation cesse lorsque le degré d'hygrométrie approche de 100%.
Physiopathologie
Coup de chaleur dû à une charge thermique exogène
S'observe lorsque la température ambiante est élevée, touche principalement les nourrissons et les personnes âgées.
Coup de chaleur dû à une charge thermique endogène
S'observe lors d'un effort musculaire prolongé.
On en rapproche
* l'hyperthermie maligne due aux anesthésiques halogénés (halothane®, isoflurane®) ou aux curares dépolarisants (succinylcholine), le syndrome malin des neuroleptiques
* la rhabdomyolyse, le crush syndrome.
Les capacités de thermolyse sont dépassées, aboutissant à une "rétention calorique" responsable d'une atteinte multiviscérale.
On observe une vasodilatation cutanée, une baisse des résistances vasculaires périphériques, un collapsus cardiovasculaire, voire un choc.
Biologiquement on observe une rhabdomyolyse avec hyperkaliémie, acidose métabolique, insuffisance rénale fonctionnelle et/ou organique, risque de trouble de coagulation (CIVD) et d'insuffisance hépato-cellulaire.
Clinique
Signes neurologiques
Troubles de conscience pouvant aller jusqu'au coma, signes neurologiques focalisés souvent trompeurs, syndrome méningé, convulsions.
Signes cardio-vasculaires
Collapsus, choc
Signes cutanéo-muqueux
Vasodilatation cutanée, sueurs profuses, muqueuses sèches
Température corporelle
Lorsqu'elle ne dépasse pas 40.5° les signes de collapsus secondaires à la déshydratation intense sont au premier plan.
Lorsque la température dépasse 40.5°, la défaillance des centres thermo-régulateurs s'associe à un oedème cérébral potentiellement léthal.
Signes associés
Nausée, vomissements.
Insolation
Nausées, céphalées, vertiges, obnubilation, vomissements. La température ne dépasse habituellement pas 40°, on n'observe habituellement pas de troubles cardio-vasculaires ou métaboliques.
Chez les enfants de moins 4-5 ans, la présence de convulsions doit faire évoquer le diagnostic de convulsions hyperthermiques et faire mettre en route un bilan approprié. Au dela de cet âge on n'observe plus de convulsions hyperthermiques et une étiologie organique doit être recherchée devant l'association fièvre + convulsions.
Conduite à tenir en pré-hospitalier
Réfrigération
Déshabiller le patient, soustraire à la source de chaleur, aspertion d'eau tiède et courant d'air par ventilateur si possible. Il convient de ne pas refroidir excessivement la suface corporelle, car la vasoconstriction pourrait gêner la baisse de la température centrale.
Paracétamol en fonction du poids.

Extrait d'une feuille d'intervention SMUR
Notez l'amélioration rapide du GCS parallèlement à la chute de la température,
ce qui a permis d'éviter l'intubation trachéale.
Le traitement a consisté en hydratation et évaporation
Patient admis en Réanimation Médicale
Traitement des troubles cardio-vasculaires
Réhydratation par voie veineuse en fonction de l'hémodynamique par sérum physiologique ou Ringer Lactate.
Colloïdes si choc.
Traitement des troubles neurologiques
De la surveillance simple jusqu'à l'intubation trachéale en fonction de la clinique.
Diazépam (Valium®), clonazépam (Rivotril®), gardénal si convulsions
Surveillance scopique à la recherche de signes d'hyperkaliémie.
L'utilisation du Dantrolène® dans le traitement du coup de chaleur ne fait pas l'unanimité.
Bibliographie
Brinquin L., Coup de chaleur, in Urgences Médico Chirurgicales de l'adulte, pp 677-682, 1991
Silbernagl S., Atlas de physiopathologie, Médecine-Sciences Flammarion, pp 22-23, 2000
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