Accidents de plongée
La surpression pulmonaire


Dr L. Jouineau - Adrénaline112.org
Mis en ligne en juin 2002


Définition
C'est un accident barotraumatique liée aux variations de pression et de volume . La définition d'une surpression pulmonaire est essentiellement clinique.
Elle représente l'accident de plongée grave, parfois mortel. Elle touche principalement le débutant qui fait une remontée rapide sans expiration à une faible profondeur.


Physiopathologie
Lorsque le plongeur remonte vers la surface, le volume de gaz intra pulmonaire augmente (loi de Boyle-Mariotte : PV= constante). Si pour une raison quelconque le volume de gaz ne peut s'échapper des voies aériennes, ce dernier va continuer à se dilater jusqu'à atteindre la limite d'élasticité des poumons et provoquer :
- des fissurations alvéolaires, bronchiques, pleurales, avec ou sans pneumothorax, pneumomédiastin, emphysème sous-cutané.
- le passage de gaz vers les vaisseaux sanguins pulmonaires, puis dans la circulation sanguine systémique : l'embolisation touche principalement les artères cérébrales.


Clinique
Signes respiratoires
- douleurs thoraciques
- sensation d'étouffement
- angoisse
- toux, crachats
- emphysème sous cutané : il est spécifique de la surpression pulmonaire, localisé il est de bon pronostic.
Signes neurologiques
- aphasie, amaurose
- troubles de conscience, coma
- crise convulsive
- hémiplégie ou tétraplégie
Il existe des formes incomplètes, sans signe neurologique.
Signes hémodynamiques
- tachycardie
- état de choc.


Examens complémentaires
1 - Radio pulmonaire avant tout passage au caisson pour éliminer un pneumothorax. Les images radiologiques peuvent se normaliser dans les 24 à 48 premières heures.
2 - Scanner thoracique en
coupes millimétriques, si possible avant caisson.
On recherche
- un pneumothorax,
- un pneumomédiastin,
- une suffusion hémorragique,
- des zones d'air trapping (aspect en verre dépoli) .
Les lésions de surpression pulmonaire se situent plus fréquemment aux niveaux des bases pulmonaires.
3 - Explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) systématiques :                
- diminution de la courbe débit volume (asthme ancien, tabagisme, ou tout antécédent touchant l'arbre respiratoire)
- évalue la fonction respiratoire afin de rechercher une altération de la courbe débit-volume, consécutive dans ce cas à la souffrance alvéolaire lors de la distension des alvéoles sous l'effet de la pression et pouvant aller jusqu'à rupture de la membrane alvéolaire. Ceci peut passer inaperçu au scanner.


Traitement
Caisson en cas de troubles neurologiques.
Le nombre de séances est fonction de la clinique : tant qu'un trouble neurologique persiste les séances de caisson continuent surtout si l'on constate une amélioration clinique et que les séances sont bien supportées par le patient.
Surveillance si absence de trouble neurologiques .

Toute surpression pulmonaire même minime de même que tout acccident de plongée doit faire prendre l'avis du médecin du caisson le plus proche. En fonction de la clinique, des examens complémentaires, décidera du rapprochement éventuel. Le transport sera médicalisé en cas de troubles neurologiques ou si l'état hémodynamique est instable.


Prévention
1 - L'interrogatoire recherche :
- un terrain allergique (facteur favorisant de bronchospasme), 
- un asthme même ancien,
- une bronchopathie.
Au moindre doute demander un avis spécialisé au pneumologue avec EFR et test à la métacholine. On rappèle que le simple fait de respirer dans un détenteur de l'air froid et sec peut suffire à déclencher un bronchospasme chez un sujet fragilisé.
2 - Formation des moniteurs :
- l'exercice de remontée sans embout est normalement interdit
- jamais d'inspiration forçée avant la remontée
3 - Formation des plongeurs débutants :
- expirer lors de la remontée
- ne jamais remonter plus vite que les bulles
- ne jamais plonger fatigué.

Ne pas oublier que les plongées ne se font pas toutes en mer, mais aussi en carrière et que la prise en charge d'un accident de plongée doit se faire rapidement car les distances vers un caisson peuvent être longues. La gestion de ces accidents se fait en collaboration avec le médecin sur les lieux, les pompiers, le centre 15 et le médecin du caisson afin de décider du moyen de transport le plus adapté.


Références bibliographiques:
Bove Alfred A . Pulmonary barotrauma in divers. Can Prospective pulmonary Function testing identify those at risk?
Chest 1997;112(3):576-578.
Boussugues, Barlesi, Coudreuse, Sainty, Brunet. Aptitude à la plongée en scaphandre autonome : interet de le spirométrie

Lien web
Cas clinique de surpression pulmonaire


Réagir à cet article, cliquez ici. Merci