Pneumothorax
Dr Ph. Rault - Adrénaline
Mis en ligne en octobre 2002
Physiopathologie
Le poumon présente une tendance spontanée à se rétracter, tandisque la paroi thoracique a tendance à s'expandre : il en résulte une pression pleurale inférieure à la pression atmosphérique. Lorsqu'une communication s'établit entre la cavité pleurale et les alvéoles ou l'extérieur il se crée un pneumothorax (PNO).
Il en résulte une diminution des volumes pulmonaires : capacité pulmonaire totale (CPT), capacité vitale (CV), capacité résiduelle fonctionnelle (CRF). Si la prefusion du poumon collabé est conservée, l'hypoxémie peut être importante.
La gravité des perturbations fonctionnelles dépend du degré de rétraction du poumon ainsi que de la fonction pulmonaire de base.
Etiologies
Pneumothorax spontanné primitif
Pathologie du sujet jeune, plus souvent un homme longiligne. Souvent rapporté à un kyste situé au contact de la plèvre apicale. Récidive dans environ 25 % des cas dans les deux ans.
Pneumothorax spontanné secondaire
Les pathologies suivantes sont suceptibles de se compliquer d'un PNO
- bronchopathie chronique obstructuve (BPCO),
- mucoviscidose,
- asthme,
- fibrose interstitielle diffuse,
- pneumopathies infectieuses (staphylocoque, tuberculose),
- pneumocystose.
Tendance à la récidive.
Pneumothorax iatrogène
- dans les suites d'examens à visée diagnostique (ponction pleurale, biopsie transbronchique, ponction transpariétale),
- dans les suites de la ventilation méccanique,
- dans les suites de pose de cathéter veineux central,
- dans les suites d'un bloc intercostal.
Pneumothorax traumatique
Secondaire à une hyperpression intrathoracique, à une fracture de côte, à une plaie transfixiante, le PNO peut s'accompagner d'un hémothorax et/ou d'une contusion pulmonaire.Signes cliniques
Classiquement lors d'un PNO spontanné : douleur thoracique et dyspnée avec intensités variables.
A l'examen on recherche une diminution du murmure vésiculaire, un tympanisme à la percussion.
Dans le cadre d'un traumatisme le diagnostic doit être suspecté de principe.Cas particulier du patient ventilé
Diagnostic positif
Augmentation des pressions d'insufflation au dela de 40 cm d'eau
Désadaptation du respirateur
Diagnostics différentiels
1 - Obstruction mécanique
Vérifier la perméabilité du circuit : coudure d'un tuyau, valve montée à l'envers.
Vérifier la perméabilité de la sonde d'intubation en y introduisant une sonde d'aspiration :
- secrétions épaisses : aspirer après avoir injecté quelques millilitres de sérum physiologique pour les rendre plus fluides
- corps étranger : difficile problème pour l'extraire s'il ne passe pas dans la sonde
- extrémité de la sonde d'intubation qui butte sur une paroi trachéale ou sur la carène : rotation de la sonde et/ou retrait d'un centimètre
- hernie du ballonet : vérification de la pression du ballonet témoin, dégonfler si nécessaire
Intubation sélective : retirer la sonde de quelques centimètres.
Si la solution retenue impose une extubation, toujours utiliser un guide pour la réintubation.
2 - Baisse de la compliance thoraco pulmonaire
- analgésie et/ou narcose insuffisantes
- rigidité morphinique
- hyperthermie maligne
3 - Causes médicales
- choc anaphylactique
- embolie pulmonaire
- insuffisance cardiaque gauche
- crise d'asthme
- inhalation bronchiqueComplications
Possibilité de signes de détresse respiratoire aiguë chez l'insuffisant respiratoire chronique.
Pneumothorax compressif : dyspnée, polypnée, cyanose, sueurs, tachycardie, insuffisance cardiaque droite, insuffisance cardiaque gauche.
Le PNO peut être bilatéral.
Signes radiologiques
Radiographie pulmonaire de face en inspiration qui montre une clarté entre la paroi et le parenchyme pulmonaire délimité par une ligne pleurale.
Les signes prédominent en général au sommet, au maximum le poumon peut être complètement décollé et collabé au niveau du hile.
Penser à la possibilité de l'association avec une lésion vasculaire (hémo-pneumothorax) en cas de comblement d'un cul de sac parfois visible seulement sur le cliché de profil (merci à A. Besançon).
Pneumothorax complet droit
Traitement
Abstention thérapeutique : le PNO de petite abondance et bien toléré justifie l'abstention thérapeutique, la résorption spontanée est de règle en quelques jours.
Aspiration à l'aiguille : possible à l'aide d'une seringue de 50 ml et d'un robinet à 3 voies. Un contrôle radiographique s'impose après ce geste.
Décompression à l'aiguille : en cas de PNO très mal toléré, la décompression à l'aiguille permet une amélioration clinique immédiate.
Le drainage pleural
- le point de ponction peut se situer au niveau du 2° espace intercostal (EIC) sur la ligne médioclaviculaire ou entre le 3° et 5° EIC sur la ligne axillaire moyenne. Le drain est dirigé vers le sommet du poumon. Dans le cas d'un hémothorax, le drain est dirigé vers la base pulmonaire.
- le drainage : soit type Pleurocath® pour un PNO spontanné qui doit être traité ou d'un PNO iatrogène, soit drain de Joly dans le cas d'un hémopneumothorax traumatique.
- l'aspiration se fait soit sur colonne de Jeanneret soit par système à usage unique type Pleur-Evac®.
Lors d'un transfert, il est parfois impossible de disposer d'une source d'aspiration : le drain est alors connecté à une valve uni-directionnelle de Heimlich.
Poumon droit, drainage d'un hémothorax
Poumon gauche, les 2 sites possibles pour le drainage d'un PNO
Système Pleur-Evac©
A gauche, vers l'aspiration murale
A droite, vers le patientLe drain est laissé en place tant que dure le bullage.
En l'absence de bullage, le drain est clampé pendant 24 heures, une radiographie thoracique vérifie que le poumon est à la paroi puis le drain est retiré.
En cas de récidive, une symphyse peut être nécessaire.
Références, liens web
Dubouloz F, Le drainage pleural, Matériel et techniques de réanimation pré-hospitalière, pp 126-127, SFEM Ed.
Salmeron S, Sitbon O. Pneumothorax, Urgences médico-chirurgicales de l'adulte pp 229-235, Arnette Ed.
Stein R., Spontaner Lungekollaps
Varlet L, Drainage thoracique
Med-Help : schémas
Wayne State University : chest teaching file