Embolie graisseuse


Dr Ph Rault - Adrénaline112.org
Mis en ligne en juillet 2000


L'embolie graisseuse survient principalement après fracture diaphysaire multiple des os longs. Elle peut être mortelle par syndrome de détresse respiratoire aiguë. Sa prévention passe par la réduction et la stabilisation des fractures osseuses.


Etiologies

L'embolie graisseuse (EG), bien que pouvant se retrouver avec des pathologies médicales, est plus fréquemment associée à des fractures multiples des os longs et du bassin.
Facteurs de risque
* fractures des parties proximales et médianes du fémur,
* fractures fermées,
* fractures multiples,
* chez les hommes jeunes,
* instabilité du foyer fracturaire
* augmentation des pressions dans la cavité médullaire (per-opératoire)

Physiopathologie
Selon la
théorie mécanique, le syndrome d'EG résulterait de l'obstruction des capillaires pulmonaires et systémiques par des emboles graisseux. L'obstruction est responsable d'un syndrome de coeur pulmonaire aigu.
La
théorie biochimique indique que les acides gras circulants sont toxiques directement pour les pneumocytes et les cellules des capillaires endothéliaux. Cette toxicité s'exprime par une hémorragie interstitielle, un oedème pulmonaire.
Par ailleurs, la présence d'un choc, d'une hypovolémie et d'un sepsis, sont des facteurs favorisants.

Clinique
Les signes surviennent près une phase de latence de 12 à 48 heures.
Forme suraiguë
Coeur pulmonaire aigu, détresse respiratoire mortels en quelques heures.
Syndrome d'embolie graisseuse
* tachycardie, coeur pulmonaire aigu,
* polypnée, hypoxémie (shunt intra-pulmonaire), hypocapnie,
* fièvre,
* thrombopénie, pétéchies cutanées de la partie supérieure du corps, pétéchies des muqueuses bucales et conjonctivales (pathognomonique),
* troubles neurologiques: confusion, convulsions, coma.

Traitement
Le principal point est préventif: il faut réduire les fractures des os longs aussitôt que possible et les immobiliser.
* sous anesthésie locorégionale si possible,
* sous sédation ìntra-veineuse.
Il faut par ailleurs maintenir la volémie.
L'emploi de solution d'albumine humaine a été recommandé pour son pouvoir de chélation des acides gras.
Ventilation mécanique, adjonction d'une pression de fin d'expiration (PEP, PEEP) en cas de détresse respiratoire.
Certaines études font état de l'intérêt de hautes doses de corticoïdes mais l'unanimité des auteurs n'est pas encore faite.


Bibliographie
Odegard K., Fat embolism: diagnosis and traitment, site internet: GASNet